Dans le panthéon du football africain, le duel entre le Cameroun et le Gabon n’est pas seulement un match de football : c’est une affaire de famille, un « derby d’Afrique Centrale » où la hiérarchie continentale semble souvent s’évaporer dès le coup d’envoi. Si les Lions Indomptables trônent fièrement avec leurs cinq étoiles, l’histoire récente de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) raconte une tout autre vérité : face aux Panthères, le géant camerounais vacille.
Le complexe de la phase finale
Étonnamment, malgré son immense palmarès, le Cameroun n’a jamais réussi à battre le Gabon en phase finale de CAN. Pire encore, les Lions courent toujours après leur premier but contre leurs voisins dans cette compétition.
Le souvenir le plus cuisant reste sans doute celui de la CAN 2010 en Angola. Favoris logiques, les Camerounais s’étaient fait surprendre dès leur entrée en lice par un but de l’emblématique Daniel Cousin (1-0). Une défaite qui avait alors sonné comme un séisme au Cameroun. Sept ans plus tard, lors de la CAN 2017 organisée au Gabon, les deux équipes s’étaient neutralisées (0-0) lors d’un match de poule tendu. Un nul qui, ironie de l’histoire, n’avait pas empêché les lions indomptables de filer vers leur cinquième sacre continental, tandis que le pays hôte sombrait dans la désillusion.
Une rivalité de records et de résistance
Si l’on élargit le spectre aux qualifications et matchs amicaux, le Cameroun reprend statistiquement le dessus avec 12 victoires en 25 confrontations globales. Mais la CAN reste ce sanctuaire où les Panthères font de la résistance. Le Gabon possède cette capacité rare de « fermer le jeu » et de frustrer les attaques camerounaises, s’appuyant sur une discipline tactique qui nivelle souvent les valeurs individuelles.
L’enjeu de 2025
Alors que les deux nations s’apprêtent à croiser de nouveau le fer, le défi est clair pour le Cameroun : briser ce plafond de verre offensif et enfin inscrire ce premier but historique en phase finale face aux Gabonais. De leur côté, les Panthères entendent bien confirmer leur statut de « poil à gratter » officiel des quintuples champions d’Afrique.
Entre la force brute des Lions et l’agilité tactique des Panthères, le prochain chapitre s’annonce déjà électrique. En Afrique Centrale, le roi de la forêt n’est jamais vraiment tranquille quand la Panthère rôde.
©Yannick Fotso, envoyé spécial à Agadir au Maroc