Can 2018: Que valent les Lionnes?

Dans l’optique de prendre part à la coupe d’Afrique des nations féminines Ghana 2018, qui va débuter, le 17 novembre prochain, l’entraineur-sélectionneur des lionnes indomptables Joseph Ndoko retient, 21 joueuses pour défendre les couleurs du Cameroun à cette compétition continentale. Dans cette liste rendue publique, jeudi dernier par la Fecafoot, on note que Joseph Ndoko  y retient près de 80 pour cent des footballeuses, qui ont participé à la CAN 2016. Dans un entretien accordé à notre confrère de Radio équinoxe, l’entraineur Joseph Ondobo spécialiste du football féminin (Plusieurs joueuses qui figurent dans la liste de Joseph Ndoko ont été formées par ce dernier Ndlr) décrypte cette liste. Interview.
 
Sylvestre: Joseph Ondobo bonjour.
 
Joseph Ondobo: Bonjour Sylvestre.
 
Sylvestre: On constate que sur la liste des vingt-une joueuses retenues par Joseph Ndoko pour participer à la phase finale de la CAN qui se dispute dans quelques jours au Ghana, l’essentielle de ces joueuses avaient déjà participé à la CAN 2016 sur place ici au Cameroun. Pourquoi Joseph Ndoko a-t-il fait ce choix ? 
 
J. Ondobo : Beh c’est vrai moi-même je suis un peu… Il m’a laissé sur ma faim. Parce que moi je crois que avec son arrivée on allait commencer une ère nouvelle. Bon c’est bien dommage qu’il ait pris les mêmes et il a recommencé.   Bon beh peut être que compte tenu de l’environnement qui sévit en ce moment, j’ai l’impression qu’il est resté fébrile. Et n’a pas voulu prendre de risques. Il est resté sur la maturité des unes et des autres.
 
Sylvestre : C’est une équipe où on se rend compte qu’il y a beaucoup de joueuses qui sont expérimentées. Plusieurs d’entre elles ont disputé cette finale l’ont perdu en 2016 devant le Nigeria. Pensez-vous que c’est une équipe qui peut faire l’affaire du coté du Ghana ? Peut-être cette fois si enfin il ne sera plus question d’être battu en finale, mais peut-être de remporter le trophée…
 
J. Ondobo : Beh moi je crois que là n’est pas le problème. Moi je crois que le problème est un peu plus sur le nombre d’années qui va peser sur les unes et les autres, parce que là la jeunesse doit prévaloir dans cette compétition. Bon est-ce que après deux ou trois matchs  on ne sera pas épuisé ? Bon ça c’est des tas de questions qu’on continue à se poser. Bon c’est vrai qu’elles ont un gros facteur qui va à leur faveur. Mais ça ne va pas totalement suffire. Donc pour moi c’est du quarante pour cent. Attendons voir. Mais je m’attendais vraiment à une équipe un peu innovée.
 
Sylvestre : Mais on constate que les autres sélections également qui étaient à la CAN en 2016 au Cameroun ont fait de même hein…C’est le cas du Nigéria, l’Afrique du sud et même et le Ghana plusieurs joueuses qui étaient là en 2016 ont été reconduites dans les différents effectifs…
 
J. Ondobo : Oui mais ces joueuses ont été là c’est vrai. Ça peut être les mêmes noms par si par là, mais il faut voir la limite d’âge. Parce que si nous avons tous joué en 2014 et en 2014 si moi j’avais 18 ans alors que de l’autre coté certains avaient 26 ou bien 28 ans, vous voyez la réalité ne sera pas la même. Je m’attendais à mieux. Mais bon l’entraineur n’a pas totalement mis sa touche peut être parce qu’il a manqué suffisamment des moyens pour pouvoir se mettre totalement au travail. Quand on sait que tout ce qu’il a demandé jusqu’aujourd’hui il ne l’a pas reçu. Il s’est dit bon pourquoi  pas jouer la CAN avec celles qui sont matures… Peut être qu’en mettant les jeunes joueuses là dedans il allait se foudroyer beaucoup plus facilement. Bon attendons voir. 
 
Sylvestre : Est-ce que la préparation que cette équipe a eu, qui n’a pas toujours été sereine peut avoir un impact sur leur jeu, leur façon de jouer au Ghana ?
 
J. Ondobo : Beh oui on ne saurait le répéter. Nous avons toujours dit que cette préparation qui a été bâclée jusqu’aujourd’hui est-ce que tout cela ne va pas jouer à notre défaveur ? Parce que là il faudrait voir comment ça se passe un peu par là. Bon vous savez bien l’histoire du match contre la France et des autres rencontres qui ont suivies. Jusqu’aujourd’hui  il n’a pas continué à faire des matchs pour mieux roder son équipe. Peut-être comme il a encore à coté de lui des anciennes comme Bernadette ANONG qui est là depuis un certain temps aussi, qui va lui venir en aide. Je crois que ça va être très très difficile pour eux.  
 
Sylvestre : Joseph Ondobo merci et bonne journée.
 
J. Ondobo : Bon il n’y a pas de quoi. C’est moi qui vous remercie. 
 
Propos décryptés par Rodrigue Djengoué.