CAN Ghana 2018 : Clément Nzeko analyse la défaite des Lionnes indomptables

Dans un entretien accordé à notre confrère de radio équinoxe au lendemain (mercredi 28 novembre 2018) de la défaite en demi-finale de la sélection fanion féminine du Cameroun face au Nigéria, le consultant de sport a donné des éclairages au sujet de la contreperformance des pouliches de Joseph de Ndoko.

 Bonjour Clément.

 Clément Nzéko : Bonjour, bonjour Hyppolite. Bonjour à l’ensemble des auditeurs de la radio du peuple.

 Après cette défaite des lionnes indomptables, y a-t-il des regrets à se faire quand on sait que les joueuses sont tombées les armes à la main ?

Il y a beaucoup de regrets à se faire. Bien qu’elles soient tombées les armes à la main. Il y a beaucoup de chance pour que les lionnes se qualifient avec la qualité du jeu qu’elles ont produit, et puis les occasions multiples qui se sont faites par elles. Malheureusement elles n’ont pas eu la baraka nécessaire pour pouvoir transformer ces occasions là en but. On n’a remarqué que deux choses ont justifié cette situation-là. C’est-à dire la justesse dans le timing de l’attaque et la lucidité au niveau des tirs. Donc les lionnes sont tombées les armes à la main. On peut regretter ça simplement pour ces occasions-là. Mais en considérant globalement la compétition, je pense qu’elles ont donné du meilleur qu’elles ont pu.

Face à cette redoutable équipe du Nigéria, beaucoup pensaient que les camerounaises pouvaient avoir les capacités de briser enfin le signe indien à une ultime étape de la compétition comme celle-là. Elles se sont retrouvées en demi-finale après avoir disputé deux finales d’affilée qu’elles ont perdues. Qu’est-ce qui n’a pas marché dans les différents compartiments de jeu de Joseph Ndoko?

Clément N. : L’équipe du Nigéria n’était pas suffisamment redoutable comme on l’avait craint au départ. C’est vrai que le palmarès qu’elles détiennent peut parler en leur faveur. Mais seulement à regarder la rencontre d’hier, on s’est rendu compte qu’effectivement il y avait les chances pour les lionnes pour faire le résultat. La preuve en première période les lionnes ont eu quatre occasions alors que les nigérianes n’en n’avaient pas pratiquement aucune. Le Nigéria est venu très prudemment se positionner en bloc médian et laisser faire les lionnes. Malheureusement dans ce manque de réussite, les lionnes ont laissé beaucoup de plumes par rapport à la débauche d’énergie. Donc ce n’était pas une équipe assez redoutable. Elle était simplement expérimentée, tactiquement bien organisée avec les arguments qui étaient à sa portée. Donc c’est à ce niveau-là qu’on peut regretter, parce que véritablement les lionnes pouvaient s’y faire. Bon le fil indien n’a pu être vaincu. Ça va nous planer sur la tête maintenant comme une psychose. Mais malheureusement c’est aussi ça le sport. Les nigérianes méritent bien, parce que nous avons été maladroits. C’est dans la maladresse que nous n’avons réussi, mais dans l’organisation du jeu et dans l’abordage, on n’a essayé de faire du mieux qu’on a pu.

Et c’est un exercice Clément Nzéko que vous n’appréciez pas beaucoup. Celui de faire des observations sur les choix de l’entraineur. Joseph Ndoko a-t-il manqué quelque chose hier ? Le cas par exemple de Gaëlle Enganamouit qui va jusqu’à la fin de ce match. Beaucoup pensent qu’elle a manqué les idées. Donc qu’elle ne pouvait pas avoir la concentration pour tirer ce pénalty et le marquer.

Clément N. : Le premier objectif d’un sélectionneur c’est de gagner. Il a même un peu plus envie de gagner que les autres. Donc quand il continue à garder une pièce sur le terrain, ça veut dire qu’il garde la confiance de cette pièce-là. Bon Enganamouit oui sur l’ensemble de sa production a été un peu responsable de ce qui lui est arrivée. N’oublions pas qu’elle a longtemps souvent été bloquée et qu’elle a fait du meilleur qu’elle a pu hein… Elle avait la volonté mais elle a manqué les moyens pour transformer cette volonté en action. Je ne peux pas porter cette critique là à l’endroit de Ndoko. Simplement parce que s’il avait un temps soit peu imaginé que ça ne marcherait pas, il aurait fait autrement. Mais il a pensé, il est mort avec ses idées. Et l’entraineur c’est quelqu’un qui doit normalement mourir avec ses idées.

merci

Je vous en prie.

Propos décryptés par Rodrigue Djengoué.