Présidence de la FIFA : l’ONG FairSquare tente de barrer la route à Gianni Infantino
À quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA, la légitimité du pouvoir en place vacille. L’organisation non gouvernementale FairSquare est montée au créneau pour exiger l’inéligibilité de Gianni Infantino, ouvrant un nouveau front judiciaire et éthique au cœur du football mondial.
La pression s’intensifie subitement autour de Gianni Infantino. Alors que le dirigeant italo-suisse brigue officiellement un quatrième mandat en vue de l’élection programmée pour mars 2027, sa route vers la prolongation est loin d’être un fleuve tranquille. L’ONG britannique FairSquare a décidé de passer à l’offensive en saisissant formellement les instances compétentes pour réclamer le rejet pur et simple de sa candidature.
Dans une lettre incisive adressée le 13 août dernier à la Commission de Gouvernance, d’Audit et de Conformité de la FIFA — un organe théoriquement indépendant —, l’organisation de défense des droits humains assène ses arguments : un nouveau mandat violerait frontalement les statuts fondateurs de l’institution, qui limitent strictement le nombre de mandats présidentiels.
Au cœur de cette fronde juridique se trouve un calcul temporel contesté. Élu une première fois en 2016 pour achever le mandat écourté de Sepp Blatter, Gianni Infantino avait bénéficié en décembre 2022 d’une décision du Conseil de la FIFA décrétant que cette période initiale de trois ans ne devait pas être comptabilisée comme un mandat complet. Une béquille réglementaire que FairSquare qualifie aujourd’hui d’artifice inadmissible, destiné à contourner les garde-fous démocratiques de l’instance.
Alors que la fronde s’organise en coulisses et que la transparence de la gouvernance mondiale du ballon rond est plus que jamais égrenée, la balle est désormais dans le camp des organes de conformité de la FIFA, sommés de trancher sur l’avenir à long terme de leur président.#KAMERFOOT
©Yannick Fotso