Mondial 2026 : l’Afrique progresse, mais doit apprendre à « tuer » les matchs

Partagez sur les réseaux sociaux

Mondial 2026 : l’Afrique progresse, mais doit apprendre à « tuer » les matchs

 

L’élimination du Maroc en quarts de finale face à la France (2-0) a mis un terme au parcours des sélections africaines lors de la Coupe du monde 2026. Si aucun représentant du continent ne disputera les demi-finales, cette édition confirme néanmoins une tendance forte : l’Afrique n’a jamais été aussi proche des meilleures nations mondiales.

 

Le bilan est historique. Grâce au nouveau format à 48 équipes, dix sélections africaines étaient engagées dans le tournoi et neuf d’entre elles ont atteint les 16es de finale, une première.

 

Le Maroc a une nouvelle fois montré la voie. Quart de finalistes après avoir éliminé les Pays-Bas puis le Canada, les Lions de l’Atlas confirment que leur épopée de 2022 n’était pas un accident. Derrière eux, l’Égypte, le Cap-Vert, l’Algérie, le Ghana, la RDC, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et l’Afrique du Sud ont tous démontré que le football africain dispose désormais d’une véritable profondeur. Seule la Tunisie a quitté la compétition dès la phase de groupes.

 

Au-delà de ce bilan encourageant, cette Coupe du monde a révélé un enseignement majeur : l’Afrique ne perd plus par manque de talent, elle perd par manque de maîtrise.

Le Sénégal en est l’exemple le plus marquant. En 16es de finale, les Lions de la Teranga menaient 2-0 face à la Belgique avant de voir leur avance s’évaporer dans les dernières minutes, pour finalement s’incliner 3-2 après prolongation. Une désillusion qui a coûté son poste au sélectionneur Pape Thiaw.

 

La Côte d’Ivoire, elle aussi, a longtemps tenu tête à la Norvège avant de céder en fin de rencontre. La RDC a fait douter l’Angleterre grâce à son intensité et sa qualité technique, avant de craquer dans les derniers instants. Même scénario pour l’Afrique du Sud, qui a opposé une belle résistance au Canada avant de voir ses espoirs s’envoler en fin de partie.

 

Ces éliminations partagent un point commun : aucune de ces équipes n’a été dominée de bout en bout. Toutes ont rivalisé avec des adversaires plus expérimentés, mais toutes ont péché par un manque de gestion des moments décisifs. C’est là que se situe désormais le principal défi du football africain.

 

Les grandes nations savent gérer leurs temps faibles, casser le rythme, conserver le ballon sous pression et faire preuve de lucidité dans le « money time ». Plusieurs sélections africaines, à l’inverse, perdent encore le contrôle quand la pression atteint son paroxysme.

 

Le Maroc illustre parfaitement cette évolution nécessaire. Les Lions de l’Atlas ne se distinguent plus seulement par leur qualité technique ou leur discipline tactique ; ils maîtrisent désormais leurs émotions et les différents temps d’un match, une qualité indispensable pour aller au bout d’une grande compétition.

 

La Coupe du monde 2026 confirme que le football africain est entré dans une nouvelle dimension. Les écarts se réduisent et le continent possède les ressources pour viser plus haut. Le prochain cap est identifié : transformer ces prestations convaincantes en victoires lors des matchs à élimination directe. Le jour où les sélections africaines sauront maîtriser les fins de rencontre avec la sérénité des grandes nations, elles ne seront plus seulement des outsiders : elles deviendront de véritables candidates au sacre mondial.#KAMERFOOT

 

©️Marcel NDI, envoyé spécial à Toronto au Canada

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *